La rencontre du 15 novembre sur le scénario urbain (1)

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Jeudi, 4 Déc. 08
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Le samedi 15 novembre, près de 300 personnes ont pris part au travail des Assises sur le « Scénario urbain », mêlant leur analyse du quotidien à celle des experts et des élus municipaux.
Première partie : Travailler à Bagnolet
Après la projection d’un film retraçant le processus des Assises, l’économiste Laurent Davezies ouvre les débats. Il constate que la ville a beaucoup perdu d’emplois depuis 10 ans. La question qui se pose, c’est « Comment maintenir et développer le travail à Bagnolet ? » Plusieurs participants suggèrent d’imposer aux entreprises « une priorité d’embauche pour les Bagnoletais ». Pour l’un d’eux, « la municipalité doit plus aider les jeunes qui sont dans une démarche de création d’activité, pour appuyer leurs demandes auprès des banques, pour trouver des locaux… Elle pourrait mettre en relation ceux qui cherchent du travail et ceux qui demandent des compétences. »
Soutien municipal aux bons CV
Pour Guy Ducrocq, il faut aussi travailler en amont. « Un pôle hôtelier comme le nôtre offre une diversité de métiers. Regardons quelles possibilités de formation dans ces métiers peuvent être des débouchés d’emploi pour les habitants ». « Ce n’est pas dans les compétences classiques d’un maire, admet Marc Everbecq, mais c’est de notre responsabilité de soutenir les bonnes candidatures de Bagnoletais auprès des entreprises. S’il le faut, on leur apportera directement les CV ! » Le maire espère pouvoir annoncer, le 6 décembre, « la venue d’une grande entreprise à Bagnolet qui pourrait créer des centaines d’emplois ».
Capter de la richesse
Selon Laurent Davezies, il y a Bagnolet trois fois plus de cadres que la moyenne nationale : « l’ennui, c’est qu’ils viennent travailler et repartent le soir. Même chose pour les clients des hôtels. » Le maire pose la question : « sommes-nous capables de capter les flux de richesse qui circulent dans cette ville pour produire de l’emploi et des services pour les habitants ? »
Artisans et petits commerces
L’une des pistes des experts est de développer une offre de commerces agréables en centre-ville, à proximité du centre économique. Un participant propose de « défiscaliser complètement » les professionnels pour les encourager à s’installer à Bagnolet. Pour l’architecte Jean-Dominique Secondi, « le secteur des arts graphiques et numériques, en plein développement, est un domaine de petits entrepreneurs, qui travaillent souvent tous seuls. Il faut accueillir ces nouveaux artisans ». Pour Jocelyne Riou, « cela permettrait de s’appuyer sur l’histoire de la ville pour la faire entrer dans le monde d’aujourd’hui. » Une dame propose de « faire venir des gens, de permettre à des créateurs de s’installer, de trouver des lieux de répétition pour des comédiens… »
Les « Bobos »
L’arrivée d’une nouvelle population attirée par une ville renouvelée est parfois espérée : « Les bobos c’est bien, ils dynamisent la ville, estime Laurent Davezie : avec quelques bobos, on fait une pharmacie dans la rue du coin ! » Mais elle est aussi redoutée. « Il ne faut pas qu’ils s’installent sur notre dos, qu’ils nous disent qu’on est trop pauvres et nous chassent ! », s’inquiète Saïd. Pour Guy Ducrocq, « Bagnolet s’est fait d’ajouts de populations nouvelles de différentes catégories et origines. La question, c’est que ça ne se fasse pas aux dépens les unes des autres mais en dynamique pour l’ensemble. » Daniel Bernard reprend la balle au bond : « il faut travailler à ce qu’on puisse habiter ensemble qu’elle que soit la chance que les uns ou les autres n’ont pu avoir. »
