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La rencontre du 15 novembre sur le scénario urbain (3)

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Jeudi, 4 Déc. 08     Envoyer l'article à un ami Envoyer à un ami

Le samedi 15 novembre, les participants de la rencontre « Scénario urbain », se sont demandé si la culture pouvait contribuer au développement de Bagnolet, au même titre que l’économie ou l’urbanisme. Troisième partie : Bâtir la ville avec des artistes ?


Une légitimité artistique
Architecte conseil en art public contemporain, Jean-Dominique Secondi est l’un des experts sollicités par Bagnolet pour participer à l’élaboration du Scénario Urbain. Pour savoir comment faire de la culture un levier du développement de Bagnolet, l’architecte est parti de la situation actuelle, avec ses atouts et ses pesanteurs. « Bagnolet occupe une position centrale parmi les principaux pôles culturels de l’Est-Parisien. La ville compte de nombreux équipements culturels, même s’ils ne sont pas toujours très visibles et sont concentrés sur la partie ouest de la ville. Le Bagnolet d’aujourd’hui peut se placer dans la continuité d’une tradition artistique d’avant-garde née dans les années 1970, en particulier dans le domaine de la danse contemporaine et des expressions graphiques urbaines. La ville organise ou participe à des événements reconnus dans ces domaines : les rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis et le festival Kosmopolite. Bref, Bagnolet a une légitimité culturelle. »

Une fracture culturelle ?
Certains participants veulent aller plus loin qu’une approche quantitative : « D’accord, on a des équipements culturels, relève une dame, mais ils sont en très mauvais état. La salle des Malassis, par exemple, on n’a pas envie d’y aller tellement c’est laid ! Alors qu’il s’y passe des choses très bien ! Il ne suffit pas de dire qu’il y a deux conservatoires, il faut aller voir dans quelles conditions nos enfants étudient ! » Pour Miloud, « Il y a une fracture culturelle à Bagnolet. D’un côté, vous avez une population qui fréquente les événements culturels et, de l’autre côté, vous avez la plus grande partie des habitants, qui ne les fréquente pas du tout. Moi je veux bien qu’on aille loin dans la culture, mais à condition qu’elle soit accessible à toutes les couches sociales, pas seulement à ceux qui ont du pognon et qui peuvent fréquenter tout ça sans difficulté. »

Relier la ville, mettre de la vie
Selon Jean-Dominique Secondi, « une ville qui bouge amène de la vie, rend les habitants fiers d’y vivre et change le regard sur elle des gens extérieurs. De toute façon, il faut ramener de la joie d’être en ville ». Ses pistes : créer un parcours artistique qui invite aux détours en reliant les sites culturels, créer des événements ludiques autour de ces sites, inventer des temps forts de festivités… « J’aime bien l’idée de créer des parcours entre des centres de créativité, s’enthousiasme une participante. Je pense qu’il faut redonner de la vie en faisant venir des populations de tous âges, en permettant l’installation de cafés-théâtres pas chers, de salles de répétition pour les comédiens, de lieux où les jeunes artistes pourraient se rencontrer. » Laurence, elle, aime bien l’idée de lieux de rencontre culturels : « Le Château de l’étang pourrait être un tel lieu, où des gens viendraient de divers horizons, des gens qui savent faire quantités de choses, qui pourraient s’apprendre les uns les autres, je trouverais ça assez génial. »

Créer des liens
La culture pour aller au-devant des autres, c’est également une préoccupation de Marie-Claude Pietragalla. La célèbre danseuse et chorégraphe, qui habite Bagnolet depuis 3 ans, vient d’y installer sa compagnie. « J’ai le projet de construire un lieu qui accueillera non seulement des danseurs professionnels et des amateurs, mais également des artistes d’autres disciplines. Je voudrais créer un lien très fort avec la population et tous les acteurs culturels de la ville, comme les comédiens, les musiciens, les plasticiens parce que je crois qu’on est plus fort tous ensemble plutôt que séparés dans des chapelles différentes. »

Artistes et artisans
Jean-Dominique Secondi propose des pistes d’actions pour aider Bagnolet à renouer avec sa tradition artisanale et créative, à renouveler son modèle économique, à redynamiser son patrimoine industriel, à s’inscrire dans son époque. En effet, l’une des idées fortes est de renouer avec la tradition artisanale et de petite industrie qui a longtemps structuré Bagnolet. « La ville peut proposer des espaces aux nombreuses activités artisanales qui ne trouvent plus place dans Paris, comme la lutherie, la marqueterie… Mais aussi à des entreprises culturelles et artistiques, en leur proposant des sortes de « pépinières », des lieux intéressants pour leurs loyers et leurs surfaces ». Un soutien de la ville au secteur multimédia et numérique entraînerait, selon lui, une dynamique économique. D’autant que ce secteur est déjà présent, par le biais du centre de formation CFA COM, de Kitchen 93 et des nombreux professionnels du graphisme installé à Bagnolet. « Je trouve très intéressant de partir de l’histoire de Bagnolet pour pouvoir faire rentrer la ville dans le monde d’aujourd’hui, confie Jocelyne Riou. Toutes les activités qui sont liées au multimédia, la culture, peuvent permettre de développer de l’artisanat et donc de développer des activités et de l’emploi pour des gens de catégories tout à fait différentes. »