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Emeline LE BERE

Jeudi, 4 Déc. 08    Envoyer l'article à un ami Envoyer à un ami

Maire Adjointe déléguée au Conseil de Quartier du Centre Ville et à l’Enfance


Quel regard portez-vous sur ces Assises ?
Ce n’est pas courant que des experts, la population, des élus, discutent pour essayer de bâtir ce que sera leur ville dans 10 ou 15 ans, et choisissent ensemble de grandes orientations d’actions.

Dans les débats, s’est exprimée parfois une inquiétude sur le devenir de la composante la plus populaire de la ville. Qu’en pensez-vous ?
Je pense qu’il faut entendre cette inquiétude, parce qu’elle ne relève pas du fantasme. Dans certaines villes de la petite couronne parisienne, les populations les moins riches ont été effectivement chassées, victimes des politiques menées par les municipalités de ces villes. Nous, nous bâtissons le Bagnolet de demain sur l’idée qu’elle doit être une ville populaire et moderne. Il y a des gens modestes à Bagnolet ? Il n’est pas question de les mettre dehors. Nous assumons pleinement cette situation, et nous travaillons pour la faire évoluer.

Comment ?
D’abord en intervenant sur le logement. On ne peut pas penser l’avenir de notre ville sans continuer à construire et à réhabiliter des logements alors que beaucoup de gens ne peuvent plus se loger. C’est une orientation forte de l’équipe municipale. Ensuite, il faut que le développement économique de la ville ne se fasse pas seulement en faisant venir des immeubles de bureaux car ça ne fournit que très peu d’emplois aux Bagnoletais. Je trouve très intéressantes les pistes évoquées concernant le nouvel artisanat, le commerce, les formations. Je pense aussi que la question de la mixité est très importante. La mixité sociale, mais aussi la mixité de fonction dans les quartiers. On ne peut pas avoir un quartier entier où il n’y a que du logement et puis le bas de Bagnolet où il y aurait des entreprises et des services publics. Faire l’unité de la ville c’est trouver les équilibres dans cette mixité.

Bagnolet aura-t-elle les moyens de mener à bien les projets nés des Assises ?
Ce qui est sûr c’est qu’on ne pourra pas développer Bagnolet en s’enfermant dans une stratégie « Bagnoleto-Bagnoletaise » ! Bien sûr, nous avons des potentiels dans notre territoire, mais avec tout ce qui se passe aujourd’hui, les difficultés économiques que connaissent les villes, la crise qui s’installe et dont on ne sait pas ce qu’elle va donner, il va falloir penser, plus que jamais, à des solidarités, à du travail en commun avec d’autres partenaires.

Vous pensez à Paris ?
Bien sûr, mais pas uniquement. Les communes voisines, Montreuil, Romainville, par exemple, sont des partenaires naturels. Je sais que certains peuvent craindre que Bagnolet ne se fasse « avaler » par Paris. Mais je crois que le projet que nous sommes en train de bâtir ensemble pour notre ville, va constituer une force incomparable dans nos relations avec nos partenaires.