Michel Corajoud, paysagiste. « La carte d’une unité multiple »
Jeudi, 4 Déc. 08
Comment êtes-vous intervenu sur Bagnolet ?
J’ai d’abord fait des repérages en utilisant de la cartographie aérienne, pour comprendre comment s’articulent les quartiers dans la ville et pour préparer mon itinéraire de visite. J’ai ensuite sillonné la ville à pied pendant 3 jours, en prenant des photos, en discutant avec les habitants que je rencontrais.
Quelles sont vos premières observations ?
Le relief structure fortement la ville. On pourrait même parler d’un « Bas-Gnolet » et d’un « Haut-Gnolet » ! En bas, le centre ancien a été détrôné par Galliéni, qui a absorbé l’activité économique et marchande. Le haut de la ville concentre l’essentiel de la population, mais il est très peu vivant. Les hauteurs de Bagnolet bénéficient d’un atout précieux : une vue qui porte loin. Je trouve aussi que les immeubles bâtis dans les années 1960-70 sont de belles réalisations. Il faut les entretenir, mais on peut en être fier. Ce qui est intéressant aussi, c’est que les secteurs avec des maisons individuelles et ceux avec des immeubles se mélangent, sont toujours en vue les uns des autres. Cette co-visibilité, si elle est valorisée, peut créer de la solidarité entre les habitants.
A partir de ce diagnostic, que préconisez-vous ?
Je pense qu’il faut développer le sentiment d’appartenance à Bagnolet. On peut être fier d’habiter ici. Il faut faire aimer cette ville dans toutes ses différences. Pourquoi pas en organisant des visites ? Le projet de téléphérique me semble une excellente idée. Il permettrait de raccrocher le centre avec le quartier de La Noue, très isolé pour l’instant, en traversant un magnifique paysage, dont le jardin au-dessus de l’autoroute. Fondamentalement, au lieu de se demander où est le centre-ville, la ville pourrait s’organiser avec un centre « pluriel » : un « centre économique » à Galliéni, un « centre ludique » autour de la mairie (avec restos sympas, cinéma, boutiques…), qui serait attractif pour les habitants et les salariés du centre économique, et un « centre civique », qui installerait les services à la personne dans les parties hautes de la ville. Je crois qu’il faut jouer la carte d’une unité multiple.
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